Hokusai (1760-1849)

17 janvier 2019
Qui ne connait pas encore la vague de Kanagawa peinte en 1831 par l'artiste japonais Hokusai? Cette représentation d'une déferlante de tsunami a influencé depuis presque deux siècles le monde des Arts. Au Japon d'abord, puis en Europe quand Degas, Manet, Monet, Van Gogh, Pissarro  inventèrent l'Impressionnisme, puis aujourd'hui dans le monde entier avec la diffusion des images numériques emblématiques.


Hokusai exprime avec violence dans cette vague bleue, le contraste entre les forces de la Nature et la fragilité de la vie humaine. C'est avant tout avec le dessin et une sûreté de tracé extraordinaire, que l'artiste arrive à imprimer cette violence car il utilise ici très peu de couleur: juste du bleu de Prusse plus ou moins délavé et contrasté avec le jaune pâle du ciel serin.
Hokusai a travaillé toute sa longue vie durant et produit près de 30000 oeuvres. Ce sont essentiellement des dessins, gravures et estampes représentant des geishas, sumos, kabuki, mais aussi des paysages, des objets, des fleurs et des animaux avec la précision du photographe, mais toujours avec une virtuosité hors du commun dans le dessin et l'interprétation.     



Doisneau et l'apprentissage du dessin

17 janvier 2019,
En ce moment (du 4/12/2018 au 28/4/2019) à la Cité de la Musique à Paris, l'exposition "Doisneau et la Musique"affiche près de 200 clichés du célèbre photographe.
Rapprocher en les exposant ainsi, la musique et la photographie est assez inattendu, mais pourquoi pas? On peut souligner que ces 2 disciplines du monde de l'Art sont à la fois exigeantes, perfectionnistes mais aussi très populaires et complémentaires. C'est surtout le cinéma et la télévision  qui ont amorcé et développé ce rapprochement des sons et des images. Les opéras, les musiques de films et les comédies musicales ont aussi aidé et aident toujours à leur complémentarité.

Mais pour moi, la photographie de Robert Doisneau contribue aussi beaucoup  à l'étude et l'apprentissage du dessin en général et des modèles vivants en particulier. Pour le dessinateur novice ou bien confirmé, les sujets, les cadrages, la lumière de Doisneau sont déjà  plus qu'une invitation, une incitation au dessin de nombreuses figures humaines!
Ce photographe humoriste et plein d'humanité a su rendre immortels d' innombrables personnages (célébrités ou non), comme ces enfants de la place Hébert que j'ai dessinés d'après une de ses belles photographies.
D'après les enfants de la place Hébert par Doisneau

  

Delacroix (1798-1863) à Toulouse

14 janvier 2019

En 2018, du 29 mars au 23 juillet, Le Louvre (et le Metropolitan Museum of Art) ont rassemblé et exposé sous les projecteurs une partie de l'oeuvre d'Eugène Delacroix en 180 tableaux, dont le très emblématique et magnifique "La liberté guidant le peuple" tableau qui n'a pas encore fini de galvaniser les âmes et d'agiter les rues comme aujourd'hui à Paris et en Province!
Le tableau est à nouveau exposé au Louvre après l'avoir été  à Lens de 2011 à 2013


La liberté guidant le peuple
Mais la peinture de Delacroix est aussi bien autre chose étant donné l'exactitude de son dessin et la flamboyance de ses couleurs.
L'exposition du Louvre a d'ailleurs présenté et analysé l'oeuvre du peintre en 3 périodes successives distinctes:

1/la conquête du milieu pictural et de son impact (1820-1826)
2/les grands décors muraux (1827-1845)
3/l'ouverture au paysage et retour aux scènes plus intimistes (après 1846)

Quant à lui, le Musée des Augustins de Toulouse possède un unique tableau d'Eugène Delacroix: le monumental "Muley Abd-ar-Raman, sultan du Maroc..."  caractéristique de la 2ème période qui mériterait par sa taille et sa beauté une salle d'exposition à lui tout seul.
Si ce tableau illustre bien la période charnière n°2 dans l'oeuvre du grand peintre, il ne suffit pas lui non plus à caractériser à lui tout seul l'oeuvre extraordinaire d'Eugène Delacroix. Oeuvre qui se trouve aujourd'hui être à nouveau dispersée pour la France en plus de 35 musées différents  (sans toutefois tenir compte des tableaux conservés à l'étranger)

Alors où peut-on voir et revoir aujourd'hui les principaux tableaux de Delacroix? 
Muley Abd-ar-Raman, sultan du Maroc.(1845)


Paris, Musée du Louvre: La barque de Dante (1822)
                                        Scènes des massacres de Scio (1824) 
                                        La mort de Sardanapale (1827-1828)
                                        La liberté guidant le peuple (1830)
                                        Femmes d'Alger (1834) 
                                        Noces juives à Tanger (1837-1841)
                                        
Lyon, Musée des Bx Arts : Femme caressant un perroquet (1824)

Toulouse, Les Augustins : Muley Abd-ar-Raman... (1845)

Montpellier, Musée Fabre : Michel-Ange dans son atelier (1849-1850)

Affiches et Publicité

9 janvier 2019
Le MATOU est le musée de l'Affiche de la ville de Toulouse. Il a été récemment rénové. Il est situé dans le quartier de St Cyprien, tout près des Abattoirs et du Château d'eau, musée de la photographie.
Le MATOU présente quelques unes des affiches de ses inépuisables et riches collections (plus de 20000 affiches), lors d' expositions temporaires régulièrement renouvelées. Ce musée expose ainsi ses affiches publicitaires sans noyer le visiteur sous une avalanche d'images aléatoires, car il  ne présente chaque fois qu'une seule thématique ou qu'un seul artiste. C'est efficace, agréable, pédagogique et souvent très artistique.
C'est aussi une façon de rappeler au visiteur l'intérêt et l'originalité de ces affiches comparée au matraquage des images affichées ou télévisuelles de la publicité d'aujourd'hui.
Inventive, drôle, esthétique, une seule affiche publicitaire traditionnelle suffisait souvent à faire passer le message publicitaire. Elle était souvent crée par de véritables artistes tels Toulouse-Lautrec ou Pierre Bonnard...
Aujourd'hui, la publicité utilise des moyens disproportionnés et rabâcheurs, avec pour résultat de fatiguer ou de frustrer le consommateur : affiches géantes omniprésentes,  films télévisuels publicitaires de plusieurs minutes avec des moyens techniques exorbitants, sans aucun égard pour la majorité des consommateurs  qui ne se sentent plus concernés.
En effet qui peut s'offrir les parfums prestigieux, les voitures de luxe,  les montres suisses, sinon qu'un faible pourcentage de notre population? Qui est de plus vraiment intéressé par les serviettes périodiques ou les crèmes hémorroïdaires si ce n'est qu'une minorité de la population?
Que penser de la publicité faite à Picasso par une marque de voiture? On peut penser a prime abord que la voiture-affiche d'aujourd'hui remplace efficacement les porte-faix d'autrefois, mais que peut apporter la peinture souvent brouillonne et dé-structurée de Picasso à un véhicule censé  être un modèle de technologie, de confort et d'efficacité? D'ailleurs on peut se demander qui a commandité cette publicité: la marque de voiture, les grands musées du peintre ou sa descendance?  
Il est vrai que le citoyen d'aujourd'hui n'est considéré, reconnu ou intéressant que parce qu'il est un consommateur.
Cette frustration permanente est sans doute dangereuse à la longue...pour notre société qui en perd ses repères.
Alors on souhaiterait presque le grand retour des belles affiches graphiques ? Elles permettraient aussi de faire travailler des artistes de talent!

A défaut n'attendez plus, courez-vite au MATOU en sortant des Abattoirs!...




Fresques et peintures murales intérieures de Toulouse

13 janvier 2019
Toulouse n'est pas (encore ) Florence! Et pourtant on dénombre dans la Ville Rose plus de cent hôtels Renaissance et de très belles églises réparties dans un patrimoine urbain exceptionnel.
On pourrait arguer que les Palais et les églises de Florence sont avant tout de véritables écrins où s'affichent d'innombrables  fresques et oeuvres d'art. Sans aucun doute...Mais Toulouse, ville discrète, en possède aussi beaucoup de méconnus. Par exemple si les fresques urbaines contemporaines et le Street Art sont bien visibles sur les façades de la ville, on ne peut pas toujours en dire autant des fresques intérieures plus anciennes.
Voici par ordre chronologique et par monument, les fresques toulousaines les plus remarquables:

Roman: St Sernin, Les Jacobins...
Renaissance: Les Augustins...
Classique: Institut Catholique, église du Taur
Baroque: Chapelle des Carmélites


Chapelle des Carmélites

Fin XIXème: église St Pierre des Chartreux


St Pierre des Chartreux


Début du XXème: galerie des Illustres du Capitole  avec des oeuvres de JP Laurens


Le Capitole:
Salle des Illustres

 et d'Henri Martin (1860-1943) avec "les Promeneurs" et "les Faucheurs" ..
De nombreuses fresques Modern Style sont encore situées dans les demeures particulières du quartier des Chalets (notamment Bd Honoré de Serres)


Les Faucheurs
                     
Art Nouveau: Bibliothèque du Patrimoine, rue du Périgord avec les peintures murales de Marc Saint-Saens de 1933: le triptyque monumental"Le Parnasse Occitan".

Le Parnasse Occitan
Epoque contemporaine: Arcades du Capitole avec 29 tableaux de Raymond Moretti de 1977, retraçant l'histoire emblématique de Toulouse depuis les origines jusqu'à aujourd'hui, en évoquant  notamment le chanteur "Claude Nougaro" et sa chanson "Mon Pays"